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Certains d'entre nous se souviennent du «bon vieux temps» quand nous mettions nos vinyles sur le tourne-disque et nous asseyions pour lire les couvertures d'album tout en les écoutant.
Cest dans cet esprit que nous nous proposons humblement de vous faire revivre ces moments en téléchargeant certains morceaux du Chief (disponible sur iTunes)
La vie de Chief Udoh s'abreuve aux sources de sa culture traditionnelle et s'enrichit de la musique populaire de l'Afrique de l'ouest des années 60 et 70, exaltée par ses propres talents, force et créativité. Détails ci-dessous...
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RACINES, SPIRITUALITÉ, CULTURE, IDENTITÉ |
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Il est rare que Chief Udoh Essiet donne une interview sans évoquer les églises chrétiennes du Nigéria. Ses avis sont tranchés, et il ne manquera pas une occasion de dénoncer les églises dAfrique qui dupent leurs fidèles pour leur propre profit.
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Il est bien placé pour le savoir puisque son père était pasteur de la toute première église apostolique dIkot Ekpene, dans lEtat d'Akwa Ibom au sud-est du Nigéria, région qui se targue davoir plus d'églises au kilomètre carré que n'importe où au monde.
Né juste un an avant l'indépendance du Nigéria, anciennement colonie anglaise, Chief Udoh est le septième enfant de sa fratrie, ce qui signifie qu'il incarnait «celui qui détient une vision prophétique» à qui lon demandait sans cesse de raconter ses rêves.
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Scène typique dans une église en Akwa Ibom
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Groupe de danse traditionnelle « Efik »
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lÉtat tat d'Akwa Ibom dans le sud-est du Nigéria
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Ses premiers instruments musicaux, raconte-t-il, furent la porte de la cuisine de sa mère et les conserves de lait condensé, avec lesquelles il jouait dehors. Il devait bientôt découvrir les formes d'art issues de sa culture originelle (musique, danse, pantomime, festivals et artisanat) grâce à sa famille maternelle, chez laquelle il se réfugiait à la moindre occasion. Sa préférence était claire, si claire que plus tard, en tant que musicien de Fela à Lagos, il abondonnera définitivement son nom de baptême, Moïse, au profit de son nom traditionnel Udoh.
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Festival «Ekpo»
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Ses toutes premières expériences face à un public se firent avec un groupe traditionnel accompagné de danseuses, en tant que soliste sur «abodom», instrument qui «parle» et dirige les danseuses dans leurs chorégraphies. C'est grâce aux demandes insistantes des membres du groupe que sa tante, malgré son très jeune âge, lautorisa à participer à ces spectacles. Ces expériences, essentielles pour lui, se poursuivirent jusqu'au déclenchement de la guerre civile contre le Biafra en 1967.
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| Un mot sur la culture dAkwa Ibom..... |
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Les gens d'Akwa Ibom possèdent quatre caractéristiques culturelles distinctes qui régissent leurs modes comportementaux. Il sagit : de lintérêt pour le surnaturel, du souci de bonne moralité, de la révolte contre l'injustice et de la foi en une solide structure familiale. Ces quatre caractéristiques influencent leur musique et leurs danses. En conséquence, quand on parle musique et danse, on se réfère en réalité au rôle général qu'elles jouent comme instruments dorganisation sociale. La culture n'est pas simplement nourriture ou arts et métiers, c'est le mode de vie de tout un peuple. Dans la culture d'Akwa Ibom, les chansons, danses et pantomimes sont des modes basiques d'expression individuelle et sociale.
---extrait de www.akwaibomstate.com
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LAGOS DANS LES ANNEES 70 - ça swingue! |
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Udoh ne parle pas beaucoup de la guerre civile entre le Nigéria et le Biafra, mais il en ressent encore la souffrance. Séparé de ses parents et propulsé dans une nouvelle vie, il partit pour Lagos où, bien quencore très jeune, il ne dût sa survie quà lui-même. Il apprit à parler Yoruba et vendit des bâtons à mâcher (pour le nettoyage des dents) dans les rues.
Un de ses clients réguliers était la mère du trompettiste et chef dorchestre Highlife, Victor Olaiya, ce qui provoqua une rencontre décisive. En effet, bientôt le jeune Udoh vécut chez le chef dorchestre. Il porta la trompette d'Olaiya, se vit autorisé à jouer des maracas avec le groupe et, lorsquil voulut apprendre la trompette, Olaiya lui déclara : «le rythme d'abord!»
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Un jour, alors que le joueur de conga du groupe était absent, Udoh prit sa place malgré sa petite taille qui l'obligea à grimper sur une caisse de bouteilles de bière pour atteindre les tambours. Le joueur de conga n'a jamais retrouvé sa place!
Udoh est intarissable sur Olaiya qu'il vénère: «Tout d'abord, Olaiya est l'un des pionniers de la musique Highlife, le plus vieux encore en vie qui joue toujours le même style. Certains des membres de son groupe actuel sont les mêmes après plus de 40 ans. J'ai appris beaucoup de choses d'Olaiya. La première étant de ne pas fumer ni sombrer dans la délinquance. Olaiya était comme un père pour moi, il sest occupé de mois comme dun fils. Beaucoup déminents artistes nigérians, dont Fela lui-même, ont joué et appris dans le groupe d'Olaiya. Vivre cette expérience vous enseignait beaucoup sur le rythme.» Pendant les années passées avec Olaiya, Udoh a rencontré les géants dHighlife et partagé la scène avec certains tels qu'E.T. Mensah, Rex Lawson, Rex Williams et beaucoup d'autres.
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Victor Olaiya, le « Mauvais Génie » de Highlife
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| Inspiration interculturelle : Une brève introduction du Highlife africain nigérian et ghanéen ... et quelques précisions sur Victor Olaiya |
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À la fin du siècle, la Nouvelle-Orléans a donné naissance au jazz, mélange typiquement américain de styles musicaux. Parmi ses principales influences figurent les rythmes et chants africains tels ceux interprétés au Congo Square. Cette nouvelle musique, qui puise sa source en Afrique, fut accueillie avec enthousiasme et fut tellement appréciée en Afrique quelle conduisit ses interprètes à lintégrer dans leur musique traditionnelle et à utiliser de nouveaux instruments.
Un des nouveaux styles les plus importants fut la musique Highlife, fusion de rythmes de danses et de mélodies indigènes alliées à des sons occidentaux. Apparue dans les années 20 au Ghana et en Sierra Leone, elle a beaucoup influencé toute la musique africaine ultérieure. L'instrumentation comprenait les tambours africains, les harmonicas, les guitares et les accordéons et fut appelée Highlife dans les années 20. Durant les années 30, trois modèles distincts ont émergé : le modèle de danse de salon destiné à l'élite côtière, le modèle «brass band» de village, et les formations rurales autour de la guitare au style moins occidental pour un public moins occidental.
Pendant la deuxième guerre mondiale, le jazz «big band» a exercé davantage dinfluence et, en 1947, lorchestre le plus important d'après-guerre est né : E.T. Mensah et les Tempos, dont les vastes tournées eurent un immense impact, suscitant des centaines dimitateurs. L'introduction de la musique Highlife au Nigéria, au milieu des années 50 par l'E.T. Mensah du Ghana, a révolutionné l'industrie musicale et conduit à la multiplication des groupes interprétant la musique Highlife au style véritablement nigérian. Sétant beaucoup développée dans les années 50 et 60, la musique Highlife sest popularisée dans les boîtes de nuit d'Afrique de l'ouest. À côté des chansons d'amour et de la vie quotidienne, ses textes étaient le plus souvent très engagés, sexprimant contre les indignités issues de l'oppression coloniale de l'Empire Britannique. Quelques chansons furent interdites et des musiciens parfois arrêtés. Certains des artistes nigérians de Highlife ont considérablement influencé lorientation de la musique populaire contemporaine nigériane : Bobby Benson, Roy Chicago, Eddy Okonta, Cardinal Rex Jim Lawson, et Sir Victor Olaiya.
---extrait de http://www.musicweb.uk.net
OLAIYA, Victor (B. Victor Abimbola Olaiya, des années 20, Ijebuu, Nigéria), Chanteur, compositeur et trompettiste. Connu de ses fans comme le « mauvais génie » du Highlife, il débuta sa carrière avec Bobby Benson en interprétant un mélange de valses, quicksteps, boléros, chachachas et Highlifes. Impressionné par la tournée nigériane dE.T. Mensah dans les années 50, il créa son propre groupe «les Cool Cats» pour se recentrer sur le Highlife. Sa renommée s'est développée à travers ses succès suite auxquels il fut invité à jouer lors de la célébration de lindépendance du Nigéria; à cette époque le groupe avait été rebaptisé les «All Stars», Victor Uwaifo et Fela Kuti y ayant joué au début des années 60. Pendant le déclin du Highlife à la fin des années 60, Olaiya, un Yoruban, faisait partie des quelques Nigérians ayant continué à se produire en concert. Dans les années 70 il posséda sa propre boîte de nuit à Lagos, le Papingo, et simpliqua activement dans les syndicats de musiciens nigérians. Dans les années 80 il dirigea lorchestre des International Stars Band, entretenant sa popularité par des concerts et la sortie de disques parmi lesquels «Highlife Reincarnation», «Country Hard-O» et «Highlife Giants», ce dernier avec Mensah.
---extrait de http://www.musicweb.uk.net/
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A lâge adulte, la réputation d'Udoh était établie comme joueur de congas dans le groupe d'Olaiya et suscitait la convoitise d'autres groupes émergeants de Lagos. Tenté par les voyages et curieux d'essayer d'autres styles musicaux (le groupe d'Olaiya jouait chaque semaine dans sa propre boîte de nuit à Lagos sans faire de tournées), Udoh sest produit avec divers artistes, parmi lesquels Crossdale Juba et musicien au style Juju King Sunny Ade, avant de rejoindre le groupe du créateur d'Afrobeat, Fela Anikulapo Kuti, comme soliste de congas. Durant trois ans, il a effectué des tournées à travers lAfrique et à l'étranger, se produisant et enregistrant activement avec Fela (voir la DISCOGRAPHIE). Lorsquil quitta le groupe de Fela, «Egypte 80» en 1983, personne d'autre ne fut capable de le remplacer. Par la suite Fela jouera les «solo congas» lui-même sur scène
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Fela aux «solo congas»
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Ces dernières années, Udoh a fait quelques apparitions en compagnie du groupe de Fela, «Egypt 80», qui comprend maintenant le plus jeune fils de Fela, Seun Kuti, et il a joué sur le premier album de Seun
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PARIS |
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Udoh évoque son installation à Paris en 1983 : «Je ne suis pas venu en France pour laventure ou pour trouver un travail. J'avais déjà joué en Europe avec Fela. Je suis venu parce que j'avais déjà fait un film pour la télévision française et qu'une tournée en France était programmée. La France est un pays qui croit à la culture et où les artistes sont les bienvenus. Nous avons constitué le groupe avant de partir et quand nous sommes arrivés nous étions prêts à défier tout le monde.»
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Le film et le groupe sappelaient tous deux «Ghetto Blaster». Impliqués dans le développement de la World Music à Paris, ils ont composé et fait les arrangements musicaux ensemble, effectué leurs tournées en France et en Europe, tourné un autre spécial TV, enregistré un disque pour Chris Blackwell chez Island Records et, plus tard, ont réalisé un album intitulé «People». Mais en 1986 Udoh a quitté le groupe en raison de divergences artistiques. Le groupe a éclaté en 1987.
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Ghetto Blaster en répétition,récemment arrivé en France
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Il est remarquable qualors que tant dAfricains séloignent de leur culture lorsquils quittent leur continent, Udoh maintienne son style de vie originel, fidèle à la cuisine africaine et au mode vestimentaire traditionnel. Ses instruments sont tous typiquement nigérians et reflètent son expérience dans toutes les régions du pays, y compris sa virtuosité sur le « talking drum», ce qui est rare pour un non-Yoruba.
Quand Jane Kramer, du journal «New Yorker», fit un reportage sur Ghetto Blaster en 1986, elle écrivit qu'Udoh était «lAfrique» du groupe. Considéré comme ambassadeur international de la culture nigériane, Udoh devint par la suite chef de son village dans l'état d'Akwa Ibom lors dune visite chez lui en 1989.
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Talking Drum
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Sherry Margolin sur scène
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Avec la complicité de sa femme, la pianiste et le chanteuse américaine Sherry Margolin (soeur du blues man Bob Margolin) Chief Udoh compose, arrange et produit sa propre musique, expression de son identité et de son expérience, aussi intransigeante dans son rythme que dans son message. Les albums «Afrobeat Blaster: No Condition Is Permanent» et «Time For Highlife» ont suivi. Un nouvel album est en préparation.
Remerciements à Geneviève PIERRE pour la traduction française
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Chief Udoh en concert
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| DISCOGRAPHIE DE CHIEF UDOH ESSIET |
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2010 - CHIEF UDOH ESSIET: nouvel album en preparation
2008 - SEUN KUTI & FELA'S EGYPT 80 : «Many Things»
1999 - CHIEF UDOH ESSIET: «Time For Highlife»
1991 - AFROBEAT BLASTER: «No Condition Is Permanent»
1990 - SALIF KEITA: «Soro»
1986 - GHETTO BLASTE : «People»
1984 - GHETTO BLASTER: «Preacher Man»
1982 - FELA ANIKULAPO KUTI: «Authority Stealing»
1981 - FELA ANIKULAPO KUTI: «TT - International Thief Thief»
1981 - FELA ANIKULAPO KUTI: «Perambulator»
1980 - FELA ANIKULAPO KUTI: «Coffin For Head of State»
1980 - FELA ANIKULAPO KUTI: «Unknown Soldier»
1980 - FELA ANIKULAPO KUTI: «Power Show»
1979 - ROY AYERS & FELA: «Center of the World»
1979 - ROY AYERS & FELA: «2000 Black»
1975 - VICTOR OLAIYA: «Oro Jesu»
1975 - VICTOR OLAIYA: «Aji Kemi»
1966 - NKAIMA TRADITIONAL DANCE GROUP enregistrement
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